• Les influences
  • Le style Ben Abdallah
  • Clairs-obscurs
  • Les esquisses
  • Les petites miniatures
  • Visite de l'atelier
  • Naissance d'un tableau

Atelier

Les influences

JBA au Louvre, juin 2014

JBA au Louvre, juin 2014

Les premières œuvres de Ben Abdallah montrent déjà l’enracinement du jeune peintre dans son terroir tunisois et sont traversées de personnages cocasses et issus de la vie quotidienne.

Bien avant d’entreprendre ses voyages, il prend connaissance de la peinture moderne grâce aux livres et s’imprègne des principaux mouvements picturaux des XIXème et XXème siècles mais sans le savoir, Jellal s’inscrit dans une filiation avec les peintres du passé qu’il ne connait pas encore mais dont il se réclamera haut et fort bien des années plus tard : L’art gréco-romain, l’Egypte ancienne, les primitifs italiens ainsi que la Renaissance italienne et flamande figurent ainsi des influences insoupçonnées du peintre tunisien.

Autre influence méconnue de l’artiste : L’art extrême-oriental et notamment les estampes et paravents japonais.

Ce que Ben Abdallah appelle lui-même « la digestion du regard » le conduira bien plus tard à rendre hommage à nombre de ses illustres prédécesseurs parmi lesquels figurent Botticelli, Zurbaran, Picasso ou Klimt.

Ces différentes influences font de la peinture de Ben Abdallah une représentation de la Tunisie et de la mythologie méditerranéenne au moyen d’une grammaire européenne.

Le style Ben Abdallah

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La peinture de Jellal Ben Abdallah est profondément ancrée dans le terroir tunisien qui l’a vu naître.

Elle parait donc très accessible au regard et n’incite pas le spectateur à une lecture approfondie tant elle semble faire référence à la culture tunisienne commune.

Pourtant, sa peinture si souvent admirée pour sa fidélité à la réalité contient  des déformations plastiques et des effets de stylisation aboutissant à une simplification du modelé en même temps qu’elle se distingue par l’invention de  motifs décoratifs et l’audace de leur agencement.

Mais derrière le travail très ouvragé qui est devenu sa marque de fabrique se cachent de forts éléments conceptuels qui sont omniprésents dans son œuvre : La superposition des plans, l’usage des contrastes, l’immobilité de la composition donnent lieu à des scènes intemporelles baignées de silence et d’un discret surréalisme produisant une atmosphère mystérieuse qui offre au regard une source inépuisable de suggestions.

Clairs-obscurs

« Durant toute ma carrière, dit l’artiste, je n’ai eu de cesse de rechercher la lumière ».

Cetes, il s’agit parfois de la représentation d’une source lumineuse, souvent une bougie ou une lampe à huile mais le plus souvent, le peintre tunisien, inspiré qu’il est du Caravage, de Georges de La Tour ou de Vermeer s’applique à suggérer la lumière à travers des clairs-obscurs.

Il utilise habituellement pour cela un dégradé de couleurs claires sur fond sombre où les effets d’ombre et de lumière jouent sur les volumes pour créer une illusion de profondeur et de relief.

Les esquisses

Ben Abdallah est un travailleur forcené et la réalisation d’esquisses est un exercice quasi-quotidien. Le travail de conception puis de composition se fait d’abord dans l’esprit de l’artiste et l’esquisse permet de matérialiser l’œuvre en gestation.

Souvent, la facture est stylisée, conférant à l’esquisse une connotation cubiste même si l’œuvre définitive ne l’est pas.
Ainsi, des centaines de petites œuvres en devenir sont conservées, prêtes à être exhumées pour donner naissance à un tableau. L’esquisse donne alors lieu à plusieurs études préparatoires où la couleur fait son apparition.

Hormis quelques-unes offertes à des amis proches, les esquisses sont toujours demeurées dans l’atelier de l’atiste et font partie de l’aspect secret de son œuvre.

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Ben Abdallah dans son atelier, réalisant une esquisse au fusain (Mai 2014)

Les petites miniatures

Le format classique de la miniature chez Ben Abdallah correspond souvent à un rectangle presque carré d’une dizaine de centimètres. S’il y a eu de grandes miniatures, notamment dans les années 40 et 50, les petites miniatures, elles, sont toujours restées à l’atelier et n’ont que très rarement fait l’objet d’expositions. Souvent exécutées en guise de cadeau pour des proches, elles ont essentiellement  été réalisées à partir des années 90 et souvent signées « Jellal » ou simplement monogrammées.

Au milieu des années 2000, Ben Abdallah s’intéresse à nouveau aux très petits formats comme pour se lancer un défi et les miniatures aux dimensions classiques font à présent office de grands tableaux devant celle qui ne mesure que 1,5 x 1 cm et où Jellal réussit tout de même à faire figurer pas moins de sept cerises. Un projet d’exposition est même envisagé : Produire de petites miniatures dans des broches anciennes ou contemporaines. Plus de dix pièces seront ainsi réalisées mais en dépit des essais convaincants, ce projet ne verra jamais le jour.

Visite de l'atelier

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Situé sur les hauteurs de sa maison, l’atelier de Ben Abdallah offre une vue incomparable sur la baie de Sidi Bou Saïd.

Sur les étagères, quelques photos d’amis chers, des objets hétéroclites ramenés de voyage, une collection de coquillages ramassés sur les plages d’Hammamet dans les années 70 et des ustensiles du siècle dernier « que plus personne ne connait ». Ces objets que l’artiste garde auprès de lui sont comme une seconde mémoire dans laquelle il puise pour composer ses natures mortes.

Ben Abdallah aime être seul dans son atelier, surtout quand il y travaille et seuls quelques rares proches y sont admis pour y découvrir les œuvres en devenir.
S’il peut exécuter un tableau en quelques jours, Ben Abdallah retouche régulièrement ses œuvres et y rajoute ou en retire des objets en fonction de l’inspiration du moment, aussi mène-t-il souvent de front plusieurs entreprises dont il ne maîtrise pas le devenir à l’avance : Certaines arrivent à leur terme mais de nombreuses études entrent en hibernation et sont abandonnées à ce stade où elles constituent un vivier dans lequel l’artiste peut se replonger au moment opportun.

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L'artiste, à son atelier, en octobre 2013.

Naissance d'un tableau

Chez Ben Abdallah, un tableau est souvent l’aboutissement de nombreux travaux préparatoires et il n’est pas rare que 7 ou 8 esquisses soient nécessaires pour établir la composition.

Puis la couleur fait son apparition et une ébauche de l’œuvre finale voit le jour. Il s’agit souvent d’un dessin sur papier qui sert de base de travail à l’exécution de l’œuvre sur son support définitif où un dégradé de couleurs est souvent déjà présent.

Les formes dominantes du dessin y sont esquissées au fusain puis confirmées à l’acrylique et en quelques heures, la structure basique du tableau prend forme.

Jellal peint en plusieurs couches et soustrait par endroits la matière pour donner au sujet forme et profondeur. Il y a un perpétuel dialogue entre les éléments graphiques et chromatiques avant d’arriver à un équilibre.

Une fois le tableau achevé, débute alors le long travail minutieux de l’ornementation que l’artiste achève souvent par l’adjonction d’enluminures à la feuille d’or ou d’argent.

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Jellal Ben Abdallah dans son atelier en novembre 2013 : Esquisse de "L'appel à la prière"

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Jellal Ben Abdallah dans son atelier en novembre 2013 : "L'appel à la prière", œuvre définitive